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Dialogue existentiel 19: qu’est-ce que le bonheur?

Dialogue existentiel 19: qu’est-ce que le bonheur?

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qu'est-ce que le bonheur

Qu’est-ce que le bonheur?

Un dialogue entre Luce l’écureuille et Emilies les baies bleues. Luce pense que les mâles organisent tout selon leur nature et préfére être indépendante pour pouvoir vivre sans concessions. Les Emilies pensent que la vie en société introduit des jugements de valeur souvent néfastes aux aspirations simples et naturelles des êtres et que le bonheur est pourtant dépendant des autres.

Luce: bonjour Emilies, comment ça se passe chez Socrates. Vous avez trouvé le bonheur?

Emilies: Luce, quel plaisir de vous voir! Oui, tout va bien, pourquoi cette question?

Luce: vous savez que je ne fais guére confiance aux mâles alors je n’étais pas sûre que Socrates vous comprenne et cela m’inquiètait pour vous. Les Simones et moi-même avions convenu que nous vous libérerions si c’était nécessaire.

Emilies: ne vous en faites pas, nous nous sentons bien ici et nous savons que notre vie ne sera pas vaine, cela vous semble-t-il une bonne réponse?

Luce: c’est en tout cas mieux que de ne se sentir ni bien, ni à sa place mais ne vous manque-t-il rien?

Emilies: non. Nous sommes admirées, nous savons que notre présence est source de joie, nous savons que nos désirs seront comblés, nous comptons pour quelqu’un, que demander de plus?

Luce: la liberté, l’idée que tout est ouvert et possible.

Emilies: nous avons vécu longtemps libre et dans l’attente mais l’horizon ne s’ouvrait plus que sur des paysages déjà connus et de plus en plus vides. Il nous fallait du changement, nous l’avons eu et nous ne regrettons rien.

Luce: vous avez renoncé à votre liberté pour ne plus vous occuper que d’un seul?

Emilies: oui, vous pouvez dire cela; nous avions besoin d’une attache car le bonheur, pour nous, était dans le partage. Mais vous, chère Luce, ne voulez-vous pas changer?

Luce: non, j’aime me débrouiller seule et je ne veux pas être prisonnière d’un seul passant. C’est cela le bonheur pour moi, pouvoir toujours choisir.

Emilies: si vous pouvez vivre ainsi, c’est bien pour vous mais nous, nous n’attirions plus la convoitise de ceux pour lesquels nous étions destinées alors comment être heureuses quand aucune de nos actions ne compte ?

Luce: vous voulez dire que pour vous, le bonheur dépend des autres? Vos actions ne pouvaient-elles vous satisfaire pour elles-mêmes?

Emilies: non, elles doivent être partagées et avoir du sens pour autrui sinon nous nous sentons inutiles. Nous étions heureuses de savoir que nous étions jolies et en route pour un beau voyage et cela semblait nous suffire mais le jour où celui qui devait venir nous prendre nous a ignoré, il n’y avait plus de bonheur possible puisque nous n’avions plus de sens.

Luce: pourtant, Socrates vous a cueilli pour décorer sa maison, rien de plus. Il aime une plante de son espèce.

Emilies: il nous aime aussi à sa façon et surtout, il nous permet de réaliser notre destinée. C’est aussi une source de bonheur.

Luce: mais le bonheur n’est-il pas avant tout dans le regard que l’on porte sur soi?

Emilies: parfois nous avons envie de sourire et nous le faisons parce que nos soucis ont disparu, ne crois-tu pas que c’est un bon signe? Notre vie telle qu’elle est maintenant nous suffit. Pour le reste, nous ne nous posons pas de questions.

Luce: je suis sûre de ne jamais vouloir être en couple parce que s’encombrer d’un compagnon à demeure, c’est plus de soucis que d’avantages.

Emilies: si vous êtes d’accord avec vous-même et que vous vivez bien, cela semble suffisant. Mais n’oubliez pas que vous avez des enfants et que c’est aussi comme cela que vous réalisez votre destinée. Pour nous, coloniser de nouvelles terres est primordial et Socrates nous permet de le faire puisqu’il nous a emporté dans un autre espace.

Luce: oui, vous avez raison. J’avoue que parfois, s’occuper  seule des enfants est un fardeau mais cela me plait néanmoins. Pour le reste, je suis fidéle à mes choix parce qu’ils s’appuient sur mon expérience, pas sur des valeurs imposées par la société.

Emilies: il semble donc que le bonheur soit relatif à  chacun et donc toujours un peu égoïste mais il a pourtant besoin des autres, présents ou pas, pour apparaître.

Luce : je crois que nous sommes d’accord sur le fait qu’il est dans le rapport satisfaisant que l’on établit avec le reste du monde.

Emilies : ce sera donc notre définition et nous verrons s’il faut la réviser plus tard!

Luce : le rendez-vous est pris mais si nos choix sont les bons et correspondent à notre nature, nous les garderons sans doute!


Analyse

Le bonheur peut prendre differentes formes mais il est toujours lié  à  un rapport harmonieux  entre l’être et le faire.

Pour Luce, il consiste à maintenir son indépendance même si elle reconnait qu’autrui, sous la forme de ses enfants, y a aussi une grande part.

Pour les Emilies, il est avant tout dans le partage qui donne un sens à leur existence.

Discussions possibles

En quoi l’influence d’autrui est-elle toujours présente dans notre conception du bonheur?

Quelle différence y a-t-il entre le bonheur et la satisfaction?

Pour finir

Envie de réflexion un peu plus poussée? Voyez, par exemple, certains passages des Confessions où Rousseau explique que le bonheur réside dans la vie courante et est à la portée de tous si on sait le saisir.

Envie de contribuer à ces dialogues? Ecrivez-vos commentaires et questions ci-dessous.

Envie d’en savoir plus sur les goûts de Luce et Emilies? Leur livres préférés sont dans la bibliothèque du domaine.


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