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Dialogue existentiel 30: sur les différences culturelles

Dialogue existentiel 30: sur les différences culturelles

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Sur les différences culturelles

Sur les différences culturelles

Un dialogue entre Baruch le héron et Simones les baies vertes. Baruch passe beaucoup de temps immobile et cela lui permet de comprendre que chacun est unique et particulier mais pourtant en relation avec les autres et l’univers. Les Simones affirment que la féminité est une condition imposée par l’histoire et la société et remettent en cause les rôles traditionnels.

Baruch: chères Simones, j’ai quelque chose à vous demander…

Simones: Baruch, quelle surprise, comment avez-vous fait pour vous poser ici?

Baruch: j’ai marché, vous ne m’avez pas entendu?

Simones: non, mais ce que vous voulez nous dire doit être bien important pour que vous veniez nous voir. De quoi s’agit-il?

Baruch: eh bien, vous savez sans doute que j’ai rencontré quelqu’un en Oklahoma mais comme elle est d’une culture autre que la mienne, je me demandais si c’était un obstacle.

Simones: et connaissant notre liberté d’esprit, vous avez pensé que nous serions les plus à même de répondre à vos questions?

Baruch: c’est cela. Vous seriez les plus ouvertes à la différence sans pour autant être trop extrèmes.

Simones: alors je crois que vous connaissez déjà nos réponses sinon vous auriez consulté quelqu’un d’autre: la différence de culture ne pose pas de problème mais vous pouvez en faire un si vous vous y attardez.

Baruch: qu’elle soit du sud importe peu, c’est que vous voulez dire?

Simones: oui, abandonnez cette référence géographique qui déjà oriente votre vision ou alors voyez-la comme ce qui fera de vous une créature multiple et adaptable.

Baruch: je vois. La différence est plus un atout qu’un obstacle à condition que je ne me referme pas sur mes valeurs..

Simones: c’est effectivement à vous de décider ce que vous voulez en faire. Certains refusent de s’ouvrir parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt mais dans votre cas, l’amour est un aiguillon puissant!

Baruch: pour moi, ce qui importe dans un mariage, c’est qu’il s’accorde avec la raison alors je ne vais pas refuser de considérer les points de vue de ma compagne!

Simones: voila, il faut que les conversations soient possibles, variées et intéressantes car c’est l’accord des esprits qui préserve l’accord des sentiments.

Baruch: cela correspond bien avec ce que je pense, à savoir qu’au delà de la belle forme qui ne restera pas identique à elle-même, l’esprit ne vieillit pas et peut transformer les perceptions.

Simones: exactement! Les choses se résolvent et s’enrichissent par le discours. Il vous faudra donc apprendre à exprimer vos émotions et craintes en mettant en avant les points communs qui vous rassemblent. Ce sera le plus difficile à maîtriser, ce nouveau langage.

Baruch: parce que la langue est imprégnée d’habitudes qu’il va falloir examiner mais en allant puiser dans l’universalité que la raison nous fait connnaitre, nous devrions arriver à une entente.

Simones: souvenez-vous qu’au delà des habitudes locales, il y a toujours la volonté commune de vivre au mieux, de prospérer, d’être heureux. Les façons peuvent être multiples mais elles ont toutes leurs justifications.

Baruch: il faudra donc vouloir comprendre et faire comprendre.

Simones: avoir une conscience plurielle, savoir passer les lisières, s’imprégner d’idées nouvelles et ainsi s’enrichir.

Baruch: mais n’est-ce pas courrir le risque de se perdre, c’est cela aussi qui me faisait réfléchir.

Simones: c’est effectivement changer d’identité puisque vous vous ouvrez à d’autres idées mais c’est aussi en gagner une nouvelle puisque vous ne perdez rien mais gagnez en connaissance. Si vous le faites à deux en ayant un but commun, vous vous rencontrerez  là où l’universel commence.

Baruch: faire du tri, ce n’est pas toujours facile car les sédiments culturels reposent bien au fond de l’âme.

Simones: vous savez, cette transformation aurait été du même ordre avec une héronne du nord car nous venons tous avec notre culture unique. Peut-être plus aisée mais cependant nécessaire.

Baruch: il n’y a donc de différences que celles qu’on veut bien mettre en avant parce qu’en réalité,  elles ne remettent pas en cause l’essentiel et c’est ce dont je me doutais. Avoir votre confirmation me fait plaisir. Je me demandais si j’étais le seul à le penser.

Simones: à priori, vous êtes déjà deux, non?

Baruch: ça, je ne le sais pas encore avec certitude.

Simones: elle est resté là-bas, c’est ce que vous voulez dire?

Baruch: oui, nous avions des projets communs mais j’avais besoin de revenir au domaine  alors elle m’a dit de partir.

Simones: était-elle fâchée?

Baruch: non, pas du tout, elle m’a encouragé à suivre mes envies.

Simones: alors elle vous aime pour ce que vous êtes, pas pour ce que vous lui apportez, c’est bon signe. Il y a des constantes chez tous les êtres et en voila une relative à l’amour, qu’il soit du nord ou du sud.

Baruch: je lui écris très souvent pour maintenir le contact.

Simones: n’arrêtez pas, elle en a besoin et en cela, vous ressemblez à tous les hérons amoureux de la terre. Je devrais même dire toutes les créatures. Quand elles ont la volonté de communiquer, elles ont aussi la volonté de se comprendre.

Baruch: merci, chères Simones, vous me rassurez. Je vais maintenant retourner au bord de l’étang car je n’aime pas trop être au milieu de tous ces arbres.

Simones: nous comprenons vos craintes à ce sujet, cher Baruch, nous, ils nous protègent mais nous n’avons pas les mêmes besoins.


Analyse

Les différences culturelles sont-elles un obstacle à l’entente?

Pour les Simones, elles ne le sont que si on veut en faire un obstacle car au delà de ces différences, il y a l’universalité des envies et des besoins. Le discours et la volonté de s’adapter permettent de créer l’entente même si cela demande des efforts.

Pour Baruch, l’entente est fondée sur la raison qui nous permet d’expliquer et de comprendre. Quand il y a accord des âmes, la discussion est aisée même si la rencontre avec la différence change les individus.

Questions possibles?

La vérité est-elle compatible avec les cultures?

Si l’entente est possible, pourquoi n’est-elle pas toujours souhaitée?

Pour finir

Envie de réflexion un peu plus poussée? Voyez, par exemple, La conscience métisse où Shayegan compare l’Orient et l’Occident et définit ce qu’il appelle « la conscience nomade ».

Envie de contribuer à ces dialogues? Ecrivez-vos commentaires et questions ci-dessous.

Envie d’en savoir plus sur les goûts de Baruch et Emilies? Leur livres préférés sont dans la bibliothèque du domaine.


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